Causes

Les causes des VFF sont nombreuses mais renvoient pratiquement toutes au genre qui a pour conséquence d’une part l’asymétrie des rôles sociaux et d’autre part la hiérarchie des sexes. Ainsi, les VFF plongent la plupart du temps leurs racines dans l’idée de supériorité de l’homme sur la femme qui est qualifié de sexe faible. Au titre des causes, on peut énumérer la culture, la religion, la dépendance économique, le système juridique, la pauvreté et certains comportements marginaux.

Selon le dictionnaire électronique Encarta, la culture est l’ensemble des traditions, des valeurs, des acquis intellectuels et des savoir-faire propres à une société humaine. Il s’agit donc de l’ensemble constitué par les us et coutumes et apparaissant à la fois comme un phénomène d’habitude et un phénomène d’opinion publique. Certaines pratiques culturelles consacrent l’inégalité entre l’homme et la femme et favorisent de ce fait la violence. Les attitudes et les valeurs sociales font de l’homme un être naturellement supérieur à la femme et lui octroient le droit et la responsabilité de contrôler le comportement des femmes et des filles. Tel est le cas par exemple du processus du mariage où, dans les faits, l’homme paie pour avoir sa femme. La dot, au sens large, c’est-à-dire tout ce que l’époux paie du début à la fin, est devenu avec le temps un facteur de violence. Elle ouvre la voie à beaucoup de formes de violences socialement reconnues ou prohibées : injures limitées ou non limitées, mariages forcés, lévirat, sororat …

La tradition peut être source directe ou indirecte de violences. Elle est source directe lorsqu’elle recommande expressément des pratiques qui sont des types de violences faites aux femmes. On citera dans ce registre le mariage forcé, les rites de veuvage dégradants, la polygamie, le mariage forcé, le lévirat, le sororat. Comme ci-dessus mentionnée, certaines formes de violences sont en fait des institutions et normes sociales et observées comme telles. La tradition est source indirecte de violences faites aux femmes lorsque, sans recommander expressément des types de violence, elle prédispose les individus à percevoir la femme comme le sexe faible, inférieure à l’homme. Cette tradition devient alors un facteur susceptible de conduire les auteurs à poser des actes de violence à l’encontre des femmes. A titre illustratif, c’est au nom d’une certaine tradition phallocratique que l’école a pendant longtemps été la chasse gardée des jeunes garçons au moment où les jeunes filles étaient vouées à aider leurs mères dans l’exécution des activités ménagères. L’analphabétisme, découlant de la non-scolarisation ou de son interruption, est un facteur aggravant de violence. Il empêche la femme d’accéder à certaines informations, dont ses droits, à certaines cultures pouvant favoriser son épanouissement, à certains services pouvant préserver ou améliorer sa santé…

C’est toujours en raison de certains clichés sexistes véhiculés par la culture que la polygamie de l’homme fait l’objet d’une valorisation sociale alors que la polyandrie est fortement jugée inacceptable. De la même façon, c’est parce que la femme est un être faible incapable de discernement qu’elle n’a pas de mot à placer pour son mariage. En effet, le mariage de la femme est l’affaire de ses parents, de la famille et généralement de hommes. En somme, la femme au lieu d’être considérée comme une personne humaine est caricaturée comme une chose parfois même perçue comme la propriété de l’homme.

Il n’est pourtant pas question de rejeter en bloc une culture au profit d’autres. Il est plutôt question de se départir de certains aspects négatifs de la culture et de marcher vers le développement en restant nous-mêmes.

Ce qui est en cause, ce sont moins les religions que la mauvaise interprétation des écrits, principes et pratiques religieux qui conduit à légitimer la violence à l’égard des femmes et des filles. A l’évidence, l’idée de supériorité de l’homme est présente dans presque toutes les religions, avec une intensité et une affirmation variables. Il faut cependant reconnaître que dans la plupart des cas, les écrits religieux sont instrumentalisés pour expliquer le statut inférieur des femmes et partant, justifier la violence à leur égard. Deux exemples nous permettent d’étayer le fait.

Un exemple plus parlant de la manipulation de la religion pour justifier la violence à l’égard des femmes et des filles est l’excision. Pendant longtemps, ce phénomène qui a des conséquences dramatiques sur la vie des femmes et des filles a été présenté comme une pratique religieuse. Pourtant, des études ont prouvé l’inexistence de tels passages dans les écrits. A preuve, ce phénomène n’existe pas dans des pays de grande culture musulmane comme l’Arabie Saoudite.

Les VFF sont aussi favorisées par d’autres phénomènes comme la pauvreté, la dépendance économique des femmes vis-à-vis des hommes, l’analphabétisme, la méconnaissance des textes et certains comportements marginaux comme la consommation de l’alcool et des stupéfiants.

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